#CyberDiscussion - Éducation des enfants dans l'ère numérique Transcription

BRUNO GUGLIELMINETTI (Modérateur) : Trois experts qui sont avec moi… #CyberDiscussion dans le cadre de la campagne Pensez cybersécurité. Ces derniers jours… il y a de bonnes choses parce que vous êtes là aujourd'hui. Alors si vous avez été donc sur le web, vous avez été sur Facebook, vous avez été sur Twitter, vous avez vu qu'il y a une campagne de sensibilisation par rapport à la cyber-sécurité, particulièrement celle des jeunes, et aujourd'hui, ce que l'on veut faire avec des experts, c'est prendre le temps de répondre à des questions que des parents se posent.
Alors tout au long des dernières… ici et là, les parents nous ont envoyés des questions. On est très heureux parce que bien des parents à travers le pays ont répondu à notre demande et, aujourd'hui, on a déjà des questions en banque pour poser à nos trois spécialistes qu'on a avec nous mais aussi, tout au long de cette cyber-discussion, vous… envoyer vos questions si vous avez des questions qui vous tracassent par rapport à l'utilisation de l'internet, des réseaux sociaux, par exemple, des appareils par vos jeunes, bien c'est l'occasion de poser la question aux experts qui sont avec nous et pour ce faire, il y a deux façons de procéder, ou sur Facebook, ou sur Twitter.

Voyez, on est bi-plateforme, et c'est tout… question et vous utiliser le mot clé ou le hash-tag, si vous le voulez, #CyberDiscussion et nous on a une équipe ici qui se promène, et sur Facebook et sur Twitter. Évidemment, il faut publier, là,  publiquement. Si vous garder ça juste à travers vos amis sur Facebook,  il n'y a pas grand monde qui vont aller chercher ça à part vos amis et donc si vous le publier dans l'espace publique, nous on va aller ramasser vos questions et on va les ajouter déjà aux questions que l'on a reçues...

Trois experts qui sont avec moi. Je vous les nomme rapidement. Il y la docteure Nadia Gagnier, il y a Benoît Descary et il y a aussi Andréanne Deschamps à qui je vais laisser tour à tour la chance de se présenter. Quant à moi, si vous ne me connaissez pas, mon nom est Bruno Guglielminetti. Je suis directeur général des services numériques chez Juste pour Rire. Puis il y a probablement des gens parmi vous qui me connaissez comme monsieur… ce midi pour animer ce panel.

Alors si je demande à nos panélistes de se présenter, chacun leur tour. Je commencerai avec probablement celle qui est la plus connue de tous les panélistes. On est très content de l'avoir. C'est la fameuse docteure Nadia. Alors Nadia Gagnier, je vous demanderai de vous présenter.

NADIA GAGNIER (Ph.D., Psychologue) : Oui. Bonjour. Mon nom est Nadia Gagnier. Je suis docteure en psychologie, spécialisée en psychologie  de l'enfance et de l'adolescence. Je suis surtout connue pour avoir travaillé auprès des parents pour offrir du coaching parental, donc les aider dans leurs relations avec leurs enfants.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Merci beaucoup. Benoit Descary. C'est à votre tour de vous présenter… dans la boîte du milieu.

BENOIT DESCARY (Spécialiste, médias sociaux) : (Rires) Bonjour Bruno. Benoit Descary. Je suis blogueur. Je blogue depuis tout près de neuf ans. Je blogue sur les nouvelles technologies, le web, les médias sociaux, la mobilité et j'agis aussi comme consultant – médias sociaux auprès des entreprises, donc j'aborde des stratégies et j'aide les entreprises à utiliser les médias sociaux. Comme j'ai évidemment aussi des enfants, bien je m'intéresse aux questions concernant la cyber-intimidation.

BRUNO GUGLIELMINETTI : On devient plus sensible en ce moment-là.

BENOIT DESCARY : Oui.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Je… Andréanne? Tu as la parole, si vous voulez vous présenter?

ANDRÉANNE DESCHAMPS (Jeunesse, J'écoute) : Oui. Bonjour. Mon nom est Andréanne Deschamps. Je suis chef de l'équipe clinique à Jeunesse, J'écoute. Donc Jeunesse, J'écoute, c'est un organisme pancanadien qui vient en aide aux jeunes adolescents et jeunes adultes. On est confidentiel et anonyme ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Donc nous, notre rôle auprès des jeunes, c'est de les aider dans toutes les difficultés qu'ils peuvent vivre au quotidien. Mon rôle, spécifiquement, à Jeunesse, J'écoute, c'est d'assurer l'accessibilité mais aussi la qualité clinique des interventions qui sont offertes aux jeunes qui nous contactent.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Merci beaucoup pour votre présentation. Et ce qui est intéressant, vous allez voir, c'est qu'on a réuni… vastes expertises, pardon, qui se complémentent et donc on pourra parler de relations enfants-parents, de relations avec la technologie puis aussi avec des témoignages vécus que les gens ont entendu à Jeunesse, J'écoute.

BRUNO GUGLIELMINETTI : N'hésitez pas à nous envoyez de vos questions parce qu'on en a déjà reçus, heureusement, pour commencer cette discussion-là mais… concerne docteure Nadia Gagnier. Je vous pose la question. Mon enfant passe-t-il trop de temps en ligne? Dois-je limiter le temps que mon enfant passe en ligne? Nadia?

NADIA GAGNIER : C'est sûr que les enfants ont besoin qu'on instaure des limites pour eux parce que, ils vont avoir de la difficulté à s'en imposer eux-mêmes. Il y a même des adultes qui ont de la difficulté à s'imposer des limites avec les nouvelles technologies. Donc, ils ont besoin de l'aide des parents pour ça. Maintenant, à combien d'heures par jours on doit limiter ça, c'est sûr que c'est un peu difficile de répondre une question précise parce que chaque enfant est différent en terme de nombre d'activités qu'il a à faire dans sa journée, en terme de niveaux de responsabilité aussi par rapport aux nouvelles technologies alors ça, souvent, j'invite les parents à utiliser leur propre jugement et la connaissance qu'ils ont de leurs enfants pour déterminer le nombre d'heures permises par jour.

Ce qui est important, c'est de s'assurer que les enfants vont pouvoir faire toutes leurs autres activités qui sont essentielles à leur bon développement. Est-ce qu'ils prennent le temps de manger trois repas par jour, leur collation? Est-ce qu'ils vont à l'école? Est-ce qu'ils font leurs devoirs et leçons? Est-ce qu'ils voient aussi des amis réels en personne, pas justes des amis virtuels ou par le biais des médias sociaux? Ça ce sont des choses qui sont très importantes et si l'enfant se prive de ces activités-là pour pouvoir être sur les médias sociaux ou avec les nouvelles technologies, bien là, ils passent peut-être à côté de quelque chose. Donc c'est vraiment ça le signe sur lequel les parents doivent se fier.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Merci beaucoup. Benoit. La prochaine question. Comment puis-je garder mon enfant en sécurité sur les médias sociaux?

BENOIT DESCARY : Oui. Bien en fait, nos enfants, surtout lorsqu'ils sont assez jeunes, treize ans par exemple, puis on débute sur Facebook, c'est important de les accompagner là-dedans.
Donc on doit nous-mêmes s'informer en tant que parents et de savoir un peu comment fonctionne ces outils et comment paramétrer, justement, les fonctionnalités au niveau de la vie privée. Donc on peut limiter la diffusion des informations qu'on publie sur les médias sociaux, en particulier Facebook parce qu'il est très populaire. Donc il faut aller dans les paramètres, voire de quelle façon il fonctionne et vraiment paramétrer l'environnement de notre enfant avec un partage qui est quand même assez limité.

S'assurer aussi que les amis que notre enfant va accepter sont de véritables amis et pas des inconnus. On reçoit beaucoup de demandes, souvent, d'amitiés sur Facebook.
Ça, ça s'accompagne évidemment d'une discussion. Donc on doit discuter avec eux, leurs expliquer la différence entre une publication qui est destinée à quelques personnes, une liste, ou encore une publication qui est privée. Est-ce qu'on veut être identifié sur des photos? Ça aussi, on peut paramétrer. Bien non, je ne veux pas être identifié, ou oui, uniquement par mes amis ou mes amis proches.

Donc il faut aller absolument dans ses paramètres de vie privée et s'y intéresser, voire de quelles façons ils fonctionnent et y revenir de temps à autre parce qu'ils évoluent constamment donc on peut de mieux en mieux paramétrer ce que l'on partage ou non sur les médias sociaux.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Benoit, je reste avec vous parce que vous avez mentionné Facebook, Twitter. D'ailleurs je vous rappelle, si vous avez des questions, hash-tag ou mot #CyberDiscussion. C'est là où vous pouvez émettre votre commentaire et nous on va ramasser au passage. Mais comme vous mentionner Facebook, Twitter, mais il y en a d'autres. Est-ce qu'il y en a…

BENOIT DESCARY : Enfin, je n'ai pas compris la fin de la question mais donc c'est les nouveaux réseaux sociaux, c'est ça?

BRUNO GUGLIELMINETTI : Oui. Tout à fait.

BENOIT DESCARY : Bon. Alors les nouveaux réseaux sociaux, ils ont une particularité puis une tendance très forte. C'est qu'ils sont aussi accessibles et souvent uniquement accessibles depuis un appareil mobile. Donc c'est partages de photos, partages de vidéos, messageries instantanés et on va encore plus loin que ça. La nouvelle tendance, c'est vraiment la messagerie instantanée éphémère. Alors qu'est-ce que ça veux dire? Bien je partage, par exemple sur Snapchat une photo et, bien, quinze secondes plus tard, cette photo disparaît, en principe, parce qu'il y en a qui prennent, évidemment, des saisies d'écran.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Oui.

BENOIT DESCARY : Donc là aussi, il faut faire attention. Les paramétrages sont peut être un peu plus difficile, mais tout de même, on a une multitude de médias sociaux.
Il y a Ask.fm. Je parlais de Snapchat. Bien Facebook a tenté de les acheter. Ça n'a pas fonctionné. Ils ont créé un truc qui s'appelle Slingshot qui est identique mais qui est comme un peu la version Facebook. On a des applications de messagerie comme par exemple Whatsapp. Whatsapp a cinq cent millions d'utilisateurs. C'est énorme. Ils sont partout. Très fort en Asie. Même principe. On peut envoyer de la messagerie texte, photos, on peut envoyer de courtes vidéos, aussi.  Et ça aussi, ça appartient à Facebook. Donc ça fait partie du même univers.

Donc il faut, si notre enfant a un téléphone mobile, aussi s'intéresser aux applications qu'il va intégrer à ce téléphone mobile-là et les enfants ou les jeunes, en fait, vont de plus en plus vers ce type d'applications parce que évidemment, souvent, les parents ne sont pas sur Snapchat. L'âge moyen, en fait soixante-dix pourcent des utilisateurs de Snapchat ont entre dix-sept et vingt-quatre ans donc c'est vraiment des jeunes qui sont là-dessus. Des gens plus âgés ne l'utilisent pas ou presque pas.

Donc on a une multitude. On a aussi parmi les plus connus Instagram qui est un système de partage de photos qui nous permet de partager de la photo et maintenant de la vidéo courte. Et Twitter a aussi son système qui se nomme Vine qui est de la vidéo encore plus courte de six secondes donc on peut partager des éléments très courts. On parle plus de création de ce côté-là. C'est complètement différent comme média social que par exemple Snapchat où c'est vraiment de la vidéo très courte qu'on partage rapidement qui disparaît ou même de la photo qui disparaît.

Il y a aussi les applications avec les nouvelles US8 chez Apple donc l'application Message sur Apple qui, lui aussi, permet de pouvoir avoir la messagerie éphémère maintenant. Donc c'est vraiment une grande tendance lourde, là,  sur les nouvelles applications utilisées par les jeunes et la plupart des entreprises entrent par la grande porte et vont offrir aussi cette fonctionnalité de messagerie éphémère.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Merci, Benoit, pour ce portrait des nouveaux réseaux sociaux à surveiller. Cette fois, Andréanne, la prochaine question est pour vous. Comment puis-je savoir si mon enfant est victime de cyber-intimidation?

ANDRÉANNE DESCHAMPS : Lorsqu'un jeune est victime de cyber-intimidation, souvent on peut remarquer un changement. Il va adopter différents comportements, attitudes, d'avoir un changement au niveau émotif aussi. Donc il faut avoir les yeux ouverts pour être capable de remarquer tout ces changements-là. Par exemple, un jeune qui, soudainement, passe énormément de temps libre ou, à la limite, le contraire, il fait… avec l'ordinateur et vraiment essaie de garder le moins de… possible avec cet univers-là ou probablement ses… sont.

Aussi des changements au niveau de l'humeur, l'irritabilité, la colère, la tristesse. Les jeunes ont aussi souvent avoir tendance à être renfermer. C'est le genre de choses qu'ils nous disent au téléphone. Ils se sentent isolés donc ils s'isolent dans leur chambre, ils s'isolent de leurs amis parfois. Ça les emmène parfois même aussi à éviter l'école, à dire : « Ah non. Je n'ai pas le goût. Je me sens mal. » Puis on se rend compte que peut-être il y a quelque chose de sous-jacent là.

L'important c'est, quand on remarque ce genre de changement-là,  c'est d'ouvrir la discussion. De dire : « Ah mais… as-tu remarqué. Ces temps-ci, tu passes beaucoup de temps sur l'internet ou j'ai l'impression que tu te caches à toutes les fois que je passe derrière l'ordinateur ou des choses ont l'air de te frustrer beaucoup plus facilement. Qu'est-ce qui se passe ? » Et d'ouvrir les discussions parfois peuvent amener à découvrir des situations d'intimidation, parfois pas, mais on ouvre la porte au jeune à créer le dialogue.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Mais justement, je reste avec vous, Andréanne. Si on se retrouve dans le cas où, que ce soit notre jeune à nous ou que ce soit un jeune dans notre entourage, un cas où on se rend compte qu'il y a de le cyber-intimidation, qu'est qu'on fait… ?

ANDRÉANNE DESCHAMPS : Il y a différents moyens que l'on peut prendre lorsque… Pardon.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Je vous écoute. Allez-y.

ANDRÉANNE DESCHAMPS : Donc il y a différents moyens qu'on peut utiliser lorsqu'on se rend compte que notre jeune, peut être même l'ami de nos enfants est victime d'intimidation.
La première chose que l'on donne en conseil c'est si, comme adulte, on est au courant, c'est de demander à l'enfant comment je peux t'aider? Qu'est-ce qui ferait une différence dans ta situation? Le but étant de leur redonner du pouvoir dans leur situation, chose qu'ils ont habituellement perdue lorsqu'ils sont face à des situations dans lesquelles il y a une perte de contrôle. Donc cela aide au niveau de l'estime. Ça les redonne du pouvoir de dire, bien, voici ce que j'aimerais que tu fasses ou comment est-ce que j'aimerai que tu m'aides.

Ensuite on continue à leur donner des alternatives. Premièrement, si ça se fait par internet, bien sûr la cyber-intimidation, on peut contacter notre fournisseur. Notre fournisseur, c'est la personne qui branche internet à la maison. L'important, c'est aussi de garder des preuves de ça, comme ça on peut les fournir au fournisseur. Et si c'est un utilisateur qui a le même fournisseur, souvent les fournisseurs ont des règles très strictes au niveau de l'utilisation de l'internet.

On peut aussi signaler aux réseaux sociaux, par exemple Facebook ont des paramètres d'utilisation très strictes donc en vertu du contenu inapproprié, la cyber-intimidation. On peut les mettre au courant de telles situations pour essayer de faire enlever les commentaires. Ça peut même aller jusqu'à la suppression d'un compte.

Il y a aussi dans plusieurs cas où, quand il y a de la cyber-intimidation, les cyber-initiateurs sont connus. Donc on peut souvent rapporter la situation à l'école. C'est souvent le groupe de pairs donc avec l'école, il y a souvent des partenariats qui peuvent se créer pour que l'école soit impliqué, pour que les parents soient impliqués et puis les personnes ressources qui sont là pour épauler les jeunes, les éduquer, faire cesser la situation, plus la situation risque d'arrêter rapidement.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Merci beaucoup Andréanne. Avant de passer à une question pour la docteure Nadia, j'ai, à la suite de votre réponse, Benoit, il y a un parent qui demande est-ce qu'il existe une ressource en ligne, un genre de répertoire où on pourrait voir les réseaux populaires pour les adolescents?

BENOIT DESCARY : Bonne question. Je n'en connais pas. Je ne pourrais pas répondre à brûle pour point comme ça. C'est une excellente question. Par compte, moi ce que je suggère… quand, en fait, les réseaux sociaux pour… quand on parle à des réseaux sociaux pour adolescents, est-ce que c'est ceux dont on vient de parler ou ceux qui sont…

BRUNO GUGLIELMINETTI : Il y en a tellement mais aussi les nouveaux aussi qu'on connait moins.

BENOIT DESCARY : Sur Wikipédia, il y a certainement quelques ressources qui permettraient de trouver le médias sociaux mais moi ce que je suggère, surtout pour les parents et qui ont des enfants qui s'en vont sur les médias sociaux, c'est de faire une recherche un peu sur Google parce que, en fait, ça va surtout venir des enfants qui vont dire : « Bien moi je voudrais aller sur tel média social » donc de faire une recherche sur Google, d'aller voir s'il y a eu des expériences, est-ce que c'est positif, est-ce que c'est négatif pour pouvoir se faire un jugement à propos du média social en question qui va être adopter par l'enfant ou préadolescent.

Ça peut devenir plus difficile si, évidemment, l'enfant a quinze, seize ans. Bien là, lui faire choisir un média social, ça va être plutôt complexe mais on peut tout de même s'informer sur, bon, si je ne connais pas Whatsapp, je veux savoir ce que c'est, oui, on peut s'informer. Il y a des tas d'informations. Mais un répertoire ou un recueil sur le web, je ne pourrais pas dire de vive voix comme ça, là.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Je pense qu'il y a peut-être un start-up qui va commencer aujourd'hui. (Rires) Écoutez, juste avant de… Nadia, je vous rappelle, si vous avez de vos questions comme les gens qui viennent de nous contacter, donc le mot clé ou le mot clic #CyberDiscussion. Vous écrivez votre question et nous, ça va nous faire plaisir de la prendre et de la transmettre à nos panélistes. Donc, docteure Nadia, assez attendue pour votre question. Et c'est en lien  carrément avec… de faire ouvrir un enfant, quand on est son parent, là, par rapport, ou même quand on n'est pas son parent, par rapport à son vécu en ligne? Comment on arrive à aborder le sujet et à lui permettre de s'ouvrir à nous?

NADIA GAGNIER : Je pense que, dans le fond, il faut avoir une communication ouverte là-dessus avec nos enfants, démontrant un intérêt surtout, pas nécessairement poser des questions un peu comme un policier, là, qui veut tout savoir, qui fait son enquête, mais plus à dire je m'intéresse à ce que tu fais là-dessus, pas juste pour ta sécurité mais parce que la nouvelle technologie m'intéresse en général. J'aimerais ça savoir c'est quoi les sites web que tu consultes, les applications que tu utilises, sans nécessairement aller fouiller dans tes comptes mais juste savoir c'est quoi au juste, quels sont les avantages que tu y vois, les inconvénients. Et puis après, bien, je pense qu'il n'y a rien comme l'essayer, pour un parent, pour essayer d'être au courant des différentes fonctions de ces applications-là, des sites web que notre enfant ou ado va utiliser.

Puis ce qui est important quand on pose ces questions-là à notre enfant, c'est de lui dire écoutes, moi je veux juste m'assurer de ta sécurité, j'ai aussi un intérêt par rapport à cette technologie-là mais je veux m'assurer que tout ce que tu fais là-dedans est sécuritaire et, si jamais tu fais une erreur, je veux t'assurer que je ne vais pas sur réagir ou réagir d'une façon trop émotive. Mon but, ça va être de trouver une solution avec toi si jamais tu fais une erreur parce que tout le monde peut en faire, dans le fond.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Docteure Nadia, je demeure avec vous. On parle de, on a parlé jusqu'à maintenant de victimes de cyber-intimidation mais dans le cas inverse où on a à faire avec un jeune ou un enfant qui fait de la cyber-intimidation, qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'on doit le punir?

NADIA GAGNIER : Je pense que c'est important qu'une action soit prise pour que l'enfant ou l'adolescent soit responsabilisé, comprenne les conséquences que son acte a pu avoir ou aurait pu avoir.

Donc, oui, on peut certainement donner une conséquence mais l'important ce n'est pas tant que la conséquence serve à se venger contre notre enfant parce qu'il nous a fait honte, parce que ça situe qu'il a été un cyber-intimidateur, c'est plutôt que ce qui est important, c'est que la conséquence permette un apprentissage dans le fond chez notre enfant puis au-delà de ça, au-delà d'une punition, d'une conséquence, ce qui est surtout important, c'est qu'on identifie la cause. Pourquoi notre enfant a fait de l'intimidation, que ce soit la cyber-intimidation ou l'intimidation en personne.

Souvent, il y a des causes sous-jacentes qui peuvent être une détresse que notre enfant va vivre. Peut-être que lui-même a été victime d'intimidation et il s'en sert pour se venger. Peut-être qu'il y a des stressers à l'école ou dans la famille qui fait en sorte qu'il a besoin de sentir un sentiment de contrôle dans sa vie donc il prend le contrôle sur quelqu'un d'autre. Donc au-delà de juste s'orienter vers la solution, c'est important de se questionner sur les causes.

BRUNO GUGLIELMINETTI : D'accord. Merci. Je vais à Benoit. Il y a un parent qui nous écrit, mon enfant a dix ans. Est-il approprié qu'il ait un compte Facebook (rires) et puis après et pourquoi pas?

BENOIT DESCARY : Et pourquoi pas? Oui, en fait, si on y va d'après les règles Facebook, c'est interdit. Donc l'âge minimal, pour avoir un compte sur Facebook, c'est treize ans. Mais comme on le sait, ça arrive souvent que, c'est assez facile pour un enfant de déjouer ça parce qu'on a qu'à indiquer qu'on est né…

BRUNO GUGLIELMINETTI : Trois ans plus tôt…

BENOIT DESCARY : L'année précédente si on a douze ans. Mais si c'est découvert, évidemment, si quelqu'un de la famille qui va le dénoncer, le compte sera fermé donc ça va à l'encontre de ce qui est prescrit par les règles de Facebook. Il faut dire que l'âge de douze, treize ans peut être parfois difficile parce que l'enfant va être trop vieux puis il va perdre de l'intérêt sur les réseaux sociaux pour enfants, justement, donc on se retrouve un peu entre les deux.

Moi, personnellement, je ne suggèrerais pas nécessairement d'aller sur Facebook avant treize ans, là. Mais si jamais il y a, parce que ça peut être, je comprends que ça peut être aussi difficile mais il faut que ce soit très très bien encadré si l'enfant a douze ans et s'en va là-dessus, donc ne pas le laisser seul. Vraiment, l'accompagner là-dedans mais à priori, on ne devrait pas être présent sur Facebook et au niveau, peut être que docteure Nadia pourrait aussi enchérir là-dessus mais j'ai l'impression qu'au niveau du développement de la personne, c'est peut-être un peut tôt pour aller sur les médias sociaux puis affronter un peu tout ce qu'on peut avoir là-dessus.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Je la vois opiner du bonnet. C'est bon signe. Je pense que vous avez raison dans votre réponse, Benoit. Parlant de docteure Nadia, je vais vous poser la prochaine question parce que vous aussi, je suis sûr, que vous avez une question là-dessus. Comment puis-je m'assurer que mon enfant ne divulgue pas de renseignements confidentiels en ligne? Docteure Nadia.

NADIA GAGNIER : Bien je pense que c'est important de parler à nos enfants du fait que on peut avoir des renseignements qui sont privés, des photos qu'on ne veut pas voir divulguées ou qu'on ne veut pas que tout le monde puisse voir ça et les informer qu'à partir du moment où on lance une information sur le net, ça peut toujours y rester, même si on a l'impression que le site est sécuritaire ou que l'application a certains éléments de sécurité. Donc je pense qu'il n'y a rien comme informer nos enfants là-dessus.

Il ne faut pas nécessairement faire une campagne de peur. Je pense qu'on peut être enthousiaste par rapport à… médias sociaux puis dire que ça peut servir. Ça peut avoir plein de fonctionnalités positives mais en même temps les mettre en garde qu'il n'y a pas toujours du monde honnête qui se promène sur ses médias-là, sur les médias sociaux, qu'il peut y avoir des escrocs, des fraudeurs qui peuvent utiliser les informations que l'enfant va donner à de mauvais usages. Donc je pense qu'il n'y a rien comme informer vos enfants par rapport à ça.

On peut s'informer, aussi, comme je disais tantôt, dans le fond, sur les différents sites qu'ils utilisent, les différentes applications qu'ils vont utiliser puis aller voir quels sont les renseignements qui sont demandés pour pouvoir se créer un compte et on peut donner des petits trucs à nos enfants comme utiliser un pseudonyme, protéger leur session de chat par un mot de passe, comment trouver des bons mots de passe qui sont vraiment sécuritaires mais qu'ils vont quand même être capable de se rappeler donc je pense que c'est de continuer d'échanger, de garder la communication ouverte sur le sujet sans faire trop une campagne de peur parce que, à ce moment-là, on n'est plus crédible.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Tout à fait. Merci beaucoup. Je vous rappelle d'abord je vous remercie pour les gens, les parents qui nous envoient les questions. On en a encore mais je vous invite, il y a toujours le temps de l'envoyer, #CyberDiscussion… que ce soit sur Facebook ou sur Twitter, nous regardons à travers pour en trouver et puis on nous emmène puis on pose des questions aux panélistes. Benoit. Je retourne à vous. Comment puis-je m'assurer que les paramètres de confidentialité de mon enfant sont activés?

BENOIT DESCARY : Oui. C'est une bonne question. En fait, puis je reviendrais sur ce que docteure Nadia disait, c'est que le mot de passe est pas mal un des premiers trucs. C'est extrêmement important de ne pas le donner à ses amis si on est sur l'ordinateur à l'école ou l'ordinateur d'ami, bien il faut fermer la session avant de s'en aller. Donc, ça, évidemment, c'est la base.

Mais aussi il faut peut-être revenir de temps à autre, de s'assurer avec ces enfants que les paramètres de sécurité n'ont pas été modifiés soit par mégarde ou parce qu'on veut un petit peu plus « loose », surtout si l'adolescent ou l'adolescente a un téléphone mobile. Je peux aller sur l'application Facebook de mon IPhone ou Android puis changer quelques paramètres comme ça donc et ne pas les réinsérer par la suite ce qui fait que mon profil est peut-être en grande partie ou en partie publique puis d'ailleurs, ça, même chez les adultes, là, on remarque souvent qu'il y a plein de photos qui sont visibles, il y a plein de publications qui sont visibles alors que ces publications ne devraient peut-être pas l'être.
Donc c'est important de revenir là-dessus autant pour soi que pour chez ses enfants. Donc, de temps à autres, revenir sur les paramètres de vie privée et vraiment s'assurer qu'ils correspondent à ce que l'on veut et non pas le partager tout de façon publique parce que ce qu'il faut comprendre aussi que lorsqu'on partage des choses publiques sur les médias sociaux, bien ça peut être annexé par les moteurs de recherches, ça, c'est accessible à tout le monde donc l'impact peut être assez grand selon le type de publication qu'on va y …

BRUNO GUGLIELMINETTI : C'est autant d'information qu'on peut lire sur un énorme panneau sur le bord de la route à son sujet.

BENOIT DESCARY : Oui. Tout à fait.

BRUNO GUGLIELMINETTI : J'en profite parce que vous vous donnez des informations… informations aussi que vous allez pouvoir retrouver sur le site Pensezcybersecurite.ca si ça vous intéresse d'allez faire un tour après la présentation. Vous allez retrouver ce type d'information pratique là qui va vous aider à vous retrouver un peu pour être mieux équiper. Je retrouve docteure Nadia. Il y a une question pour vous. Quand, à quel moment est-ce que c'est acceptable de… dire qu'est-ce quelle va répondre?

NADIA GAGNIER : Dans le fond, pour l'âge pour donner un cellulaire à notre enfant, c'est une question à laquelle je me dois de répondre une vraie réponse de psychologue, c'est que ça dépend.

(Rires)

NADIA GAGNIER : S'il n'y a pas d'âge précis, ce serait un peu absurde de dire, la journée du treizième anniversaire de votre enfant, allez-y, vous pouvez y aller lui donner un cellulaire sans problème. Ça dépend vraiment du niveau de maturité, de responsabilité de l'enfant. Est-ce que c'est un enfant qui a, depuis le début de sa vie, a tendance à bien observer les règles qu'on lui impose ou qu'on lui suggère? Est-ce qu'il semble être raisonnable avec l'utilisation des autres écrans, des jeux vidéos, internet, ce à quoi il a eu accès jusqu'à maintenant?

Puis ensuite qu'est-ce qu'on peut faire, si on pense que oui, notre enfant est assez responsable et assez mature, bien, même si ce n'est pas lui qui va signé nécessairement le contrat avec la compagnie de téléphone, de téléphone cellulaire, on peut, nous, préparer un contrat maison sur ses conditions d'utilisation. Ça l'air un peu officiel mais c'est sûr que ça va donner un plus grand sentiment de responsabilité à l'enfant quand il doit poser sa signature au bas d'une feuille.

Donc on peut par exemple préciser qu'il ne doit pas l'utiliser à l'école ou de respecter les règlements de l'école par rapport à l'utilisation des cellulaires; le fermer quand c'est le temps des repas en famille; quand c'est le temps des devoirs et leçons. J'ai même vu des parents acheter un espèce de petit panier, là, ou un petit coffre puis dire, bon bien, là c'est un moment sans appareil cellulaire donc on va les serrer là-dedans, par exemple avant d'aller se coucher le soir pour s'assurer que les cellulaires ne sont pas dans la chambre des enfants, qu'ils ne vont pas chatter toute nuit ou texter toute la nuit. Donc on peut mettre des balises comme ça autour de l'utilisation du cellulaire. Ça reste un bon outil de supervision à distance pour des parents donc je peux comprendre l'intérêt des parents à vouloir que leur enfant en ait un à un moment donné.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Docteure Nadia… quand tout à l'heure, on parlait des enfants donc qui sont cyber-intimidés, qu'est-ce qu'on fait pour les aider, eux, là, concrètement. Vous, vous êtes face à ça assez souvent. Qu'est-ce que vous faites? C'est quoi le conseil que vous donnez?

NADIA GAGNIER : C'est sûr que l'enfant qui a été cyber-intimidé va vivre souvent une très importante perte d'estime de soi, un sentiment de vulnérabilité aussi donc je pense que c'est important de regarder avec lui quelles sont les ressources d'abord à son école qu'il peut utiliser, vers lesquelles il peut se tourner pour qu'il ait une intervention qui soit apportée. Maintenant l'école n'est pas responsable à cent pout cent de ce que les élèves font parce que parfois la cyber-intimidation, ça va être un élève de l'école qui va la faire mais ça va s'être dérouler dans l'autobus scolaire ou dans le domicile de l'intimidateur mais quand même d'informer l'école que ça eut lieu c'est important parce qu'ils peuvent quand même mettre en place certaines stratégies d'intervention,

Et ensuite le rôle des parents. C'est sûr qu'il y a différents acteurs qui peuvent intervenir mais le rôle des parents ça va être surtout de faire en sorte que la situation cesse, d'éloigner notre enfant de l'intimidateur et de faire tout en notre possible pour rebâtir son estime de soi donc de s'assurer qu'il reste des amis autour de lui, qu'il puisse se confier à ces amis-là et qu'il continu à avoir des activités où il va pouvoir bâtir ou rebâtir son réseau social et se revaloriser suite à ces événements-là.

BRUNO GUGLIELMINETTI : … les victimes de cyber-intimidation, qu'est-ce que vous leur dites?

NADIA GAGNIER : Je m'excuse. C'a coupé. Je n'ai pas entendu la question.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Dans votre cas, vous vous les avez en ligne, vous téléphonent quelquefois quand ils sont victimes de cyber-intimidation. Qu'est-ce que vous leur répondez?

ANDRÉANNE DESCHAMPS : Lorsque les jeunes nous parlent de cyber-intimidation, tout dépendant du jeune, ce qu'on regarde avec eux c'est qu'est-ce qui se passe, qu'est qui les aiderait le plus en ce moment. Notre but c'est vraiment de faire augmenter l'espoir parce que souvent ce que l'on entend beaucoup dans leur discours ĉ'est… c'est toute l'école. Ça devient très, très, très gros et ça prend énormément de place et c'est très pesant. C'est comme un gros sac à dos rempli de roches qu'ils doivent porter continuellement, jour après jour.

Donc ce qu'on regarde avec eux c'est quel genre d'aide serait le mieux immédiatement. Parfois ils sont prêts à en parler à leurs parents ou on doit défaire peut-être certaines craintes ou comment est-ce qu'on en parle. Parfois ils ne sont pas tout à fait prêts à en parler, c'est pour ça qu'il y a une ligne d'intervention comme Jeunesse. J'écoute … propos sur l'importance de venir se confier où fait un travail au niveau de leur estime, de leur redonner un peu de pouvoir dans leur situation, le temps qu'on les aide à allez justement vers les ressources dans leur milieu qui sont les parents, l'école, les adultes de confiance, parfois c'est même le concierge ou le prof de gym ou les activités parascolaires mais les aider à faire ce pont-là et leur donner l'assurance de le faire.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Merci beaucoup… qu'est-ce qu'on fait pour le protéger, l'enfant, pas l'appareil? Je répète la question. J'ai l'impression… donc avant de donner un appareil mobile à un enfant, qu'est qu'on fait pour le protéger, je parle évidemment de l'enfant, pas de l'appareil? Benoit?

BENOIT DESCARY : Ah! Excusez-moi. C'est pour moi. Alors je n'avais pas compris que c'était pour moi. Donc on veut protéger l'appareil?

BRUNO GUGLIELMINETTI : L'enfant…

BENOIT DESCARY : L'enfant. Pardon. Avec un appareil mobile? C'est ça?

BRUNO GUGLIELMINETTI : Oui.

BENOIT DESCARY : Ok. Peux-tu répéter la question parce que c'a comme coupé? Excuses-moi.

BRUNO GUGLIELMINETTI : C'est beau. C'a arrive. On est dans le cyber-monde puis en direct, c'est ce que c'a donne. Donc avant de donner un appareil mobile à un enfant…

BENOIT DESCARY : Oui.

BRUNO GUGLIELMINETTI : J'imagine qu'il y a des choses à faire pour protéger l'enfant…

BENOIT DESCARY : Oui. Bon. C'a encore un petit peu coupé mais j'ai compris le sens de la question donc. Appareil mobile, évidemment, la première chose est d'évaluer les besoins au niveau de l'enfant, est-ce qu'il a réellement besoin d'un appareil mobile?

Après ça, il y aussi quand même moyens de limiter certains aspects sur un appareil mobile. Par exemple sur un appareil mobile US, bien on peut masquer ou désactiver certaines fonctionnalités, ne pas installer certaines applications sur l'appareil mobile.

Donc si l'enfant est très jeune puis c'est surtout un moyen de communication entre les parents et l'enfant, bien à ce moment-là, parce qu'on sait souvent, ça peut arriver où des couples sont séparés, bien le moyen de communication va souvent être l'appareil mobile donc…

BRUNO GUGLIELMINETTI :

BENOIT DESCARY : Pardon? C'a coupé encore. Donc je vais continuer. Alors il y a, de ce côté-là, c'est quand même relativement facile mais si l'enfant a un forfait de transmission de données premièrement toujours le même principe d'avoir un mot de passe qui va pouvoir sécuriser l'appareil pour pas qu'il n'y ait pas d'autres amis qui prennent l'appareil puis qui publient en notre nom parce que là, la mobilité c'est différent. On peut perdre notre appareil et là, si on a des médias sociaux sur le téléphone mobile, bien ils viennent accessibles aux autres si notre appareil est perdu ou oublier en quelque part. Donc qu'il y ait un mot de passe, qu'on s'assure, à l'intérieur des applications, qu'on ne soit pas nécessairement tout le temps avec une session ouverte. Je sais que c'est plate de faire ça mais ça sécurise encore plus l'appareil.

Et troisièmement, je pense que, pour les parents aussi, pour les rassurer, c'est peut-être de voir un peu puis d'interroger les jeunes qu'est-ce qu'ils font avec leur appareil, c'est quoi leurs habitudes, avec qui ils communiquent donc parce qu'an a accès à des réseaux sociaux complètement différents donc l'univers social en mobilité est différent donc il faut s'intéresser je pense encore d'une façon plus serrée parce que sur Facebook, ça … relativement simple. On peut soit être ami avec notre enfant ou du moins, s'il est un peu plus vieux ou s'il enfin atteint l'âge de quinze, seize ans, on peut avoir peut être des membres de la famille qui sont eux amis. Mais sur les réseaux sociaux mobiles, c'est beaucoup plus complexe parce qu'on n'est pas là, nous, en tant que parents et il n'y a personne que l'on connaît, peut-être, qui est membre de ces réseaux sociaux là.

Donc c'est de s'intéresser de façon encore plus serrée à ce qu'ils installent sur leur appareil. Docteure Nadia parlait d'une convention, d'un contrat avec les enfants. Je pense que, à ce niveau là, ce peut être encore plus important sur la mobilité que sur l'ordinateur parce que là on est vraiment libre, on n'est même plus à la maison avec ça, on est n'importe où donc il faut vraiment discuter avec eux, savoir comment il l'utilise, qu'est-ce qu'ils font le plus possible parce que ça va être difficile de tout savoir mais aussi d'avoir une entente avec eux pour qu'ils respectent un peu, là, certaines règles.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Et il faut aussi, c'est drôle, parce qu'on parle de téléphone cellulaire, on parle d'ordinateur, il y a aussi des consoles de jeux maintenant qui permettent… visions intelligentes maintenant. Mais je reste avec vous, Benoit, parce que vous l'avez mentionné, est-ce que c'est une bonne idée d'être ami avec son enfant, sur Facebook, par exemple?

BENOIT DESCARY : Oui. À mon avis, tout à fait, surtout pour des enfants de treize ans qui débutent sur les médias sociaux ou encore les plus jeunes qui s'en vont, bien là on ne parle pas d'amis, sur les réseaux sociaux d'enfants, bon de suivre ce qui se passe là, mais sur les réseaux sociaux plus conventionnels comme Twitter ou Facebook, oui, absolument, d'être ami, à mon avis, est une très bonne chose sauf qu'en vieillissant, là ça peut devenir plus complexe.

Donc évidement ils peuvent vous, soudainement on n'est plus amis. Il y a comme un rejet de ce côté-là mais c'est de pouvoir garder le contact, de toujours, même principe, avec la discussion. Si, par exemple, on a des frères, des sœurs puis eux sont toujours amis ou des cousins, cousines, de voir un peu, de sonder le terrain, ça nous permet de savoir un peu ce qui se passe et d'être assuré ou non mais de toujours garder un contact, un fil d'Ariane un peu là entre nous et les enfants au niveau des médias sociaux surtout pour la cyber-intimidation lorsqu'on voit un article dans les journaux, sur le web, que eux aussi le voit, en discuter donc ça devient encore plus important parce que plus on vieillit, puis arriver à quatorze, quinze ans, ça peut arriver encore même si on est plus vieux, la cyber-intimidation, donc de continuer à maintenir le contact même si on n'est plus nécessairement directement liés avec nos enfants. Mais lorsqu'ils débutent, à mon avis, c'est une très bonne chose d'être ami avec nos enfants, tout à fait, et même si il y en a qui débutent plus jeunes encore, d'avoir les mots de passe pour pouvoir être certain que tout est correct.

NADIA GAGNIER : Est-ce que je peux faire un…

BRUNO GUGLIELMINETTI : C'est ça, vous toucher la question. Docteure Nadia, je vais vous poser la question, par rapport au mot de passe. Est-ce qu'on doit avoir le mot de passe de ses enfants?

NADIA GAGNIER : Je pense qu'on ne doit pas nécessairement demander d'emblée à nos enfants de nous donner tous leurs mots de passe et leurs noms d'utilisateurs mais ça peut être important d'y avoir accès en cas d'urgence au cas où il se passe quelque chose puis tout d'un coup il faut intervenir dans le compte de notre enfant donc une bonne solution pour ça, c'est de demander à notre enfant d'inscrire tous les noms d'utilisateurs et mots de passe pour ses différents comptes sur une feuille de papier avec la date et de le mettre dans une enveloppe cachetée ou même dans une tirelire qui est scellée pour dire moi je ne toucherai pas à ça sauf en cas d'urgence. S'il y a une urgence pour une quelconque raison, je pense que ta sécurité ou celle de quelqu'un d'autre est compromise à cause de ton utilisation des réseaux sociaux, je vais pouvoir y avoir accès. Je te garantie que je ne touche pas à ça tant que je ne sens pas un danger quelconque. Comme ça, c'a permet de faire sentir à l'enfant qu'on lui fait confiance dans son utilisation des réseaux sociaux, qu'on fait confiance dans son jugement, qu'on veux pas jouer dans son jardin secret mais qu'en même temps on a le devoir de protection et qu'on veux l'assumer à cent pour cent.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Bon truc. Je vais m'en souvenir  J'aurai peut-être. On a encore des questions mais… donc des gens qui nous écoutent en ligne, merci d'être là. Si vous avez une question à nous envoyer que je puisse partager avec les panélistes, je vous rappelle, mot clic ou hash-tag #CyberDiscussion. Que vous soyez sur Twitter, que vous soyez sur Facebook, vous envoyez ça. Nous on ratisse large. On regarde ça, c'a m'est amené et je passe la question aux panélistes. Alors merci à ceux… qui vont le faire encore. Il nous reste encore du temps. Je vais me retourner du côté de Benoit. Benoit, parce que vous avez fait un clin d'œil à ça tout à l'heure, est-ce que c'est important de connaitre les amis Facebook de nos enfants?

BENOIT DESCARY : Oui. C'est important de s'informer, de ne pas être amis avec eux, premièrement. On n'est pas ami avec les amis de nos enfants mais de s'informer justement avec qui ils sont amis, c'est quoi leurs habitudes avec leurs amis, de s'assurer qu'il n'y a pas non plus de fausses amitiés. Ça peut arriver fréquemment sur Facebook. Évidemment, on reçoit des demandes d'amitiés sauf si c'est dans les paramétrages de Facebook qui peut nous contacter sur Facebook, qui peut devenir avec nous donc on peut très bien dire bien uniquement les amis et non pas les amis d'amis donc c'est à nous après à faire la recherche pour devenir amis. Mais oui, on doit s'informer sur, surtout au début, là, je ne parle pas des plus vieux, évidemment, ils sont plus autonomes à ce niveau-là.

Mais plus jeune, lorsqu'on aborde les médias sociaux pour une première fois, toujours le même principe, s'informer sur les amitiés et aussi demander carrément, bon bien, telles personnes, qui est-ce, tout ça, parce qu'on peut voir souvent, là, bien en fait, on peut voir les amis de nos enfants sans accéder à leur compte donc aller voir avec qui ils sont amis et s'enquérir un peu c'est quoi la relation avec ces gens-là. Bon, si on remarque qu'il y a des gens plus vieux, bien s'informer aussi, s'informer qui est-ce. Ce peut être le frère ou la sœur d'un ami, déjà mais s'informer à ce niveau-là, savoir qu'est-ce qui se passe.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Merci…

BENOIT DESCARY : Ok.

BRUNO GUGLIELMINETTI : … son enfant a publié une photo ou une image intime de soi en ligne.

ANDRÉANNE DESCHAMPS : Je suis désolée. Est-ce que c'était ma question?

BRUNO GUGLIELMINETTI : Oui. C'est une question pour vous.

ANDRÉANNE DESCHAMPS : Parfait. Merci. Donc ça arrive qu'on reçoive des appels à Jeunesse. J'écoute de jeunes qui ont publié des photos de nature sexuelle en ligne. Souvent ça peut être… mon chum, ma blonde l'a demandé. Je voulais lui faire plaisir. Puis… Dans ces cas-là, il y a différentes choses que les jeunes peuvent faire quand ils se rendent compte qu'ils veulent retirer la photo même si elle n'a pas été partagée avec personne. Un des moyens, c'est d'aller sur le site AidezMoiSVP.ca. Donc les jeunes peuvent dénoncer ou faire un signalement lorsqu'une photo a été publiée de connotation sexuelle pour qu'elle soit retirée. Donc il y a des moyens de prévention et de faire retirer ça parce que ça reste du matériel pornographique juvénile lorsque c'est des jeunes en bas de dix-huit ans. Il y a aussi cyberaide.ca. Donc ce sont deux sites bien formidables. Il y a même des exemples de comment faire le signalement, qu'est-ce que je dois mettre dans mon signalement, comment est-ce que je véhicule mon message lorsque je veux faire enlever. Donc ce sont des très, très bons moyens. Souvent, quand ça arrive, que ce soit des photos de nature sexuelle où il y a des jeunes qui vont appeler dire, oui, j'ai dis ça pis je regrette, je n'aurais pas du. On les aide aussi, on les épaule à dire bien maintenant que c'est fait, c'est quoi les options. Est-ce que c'est de s'excuser auprès de la personne, est-ce qu'il y a une façon de reprendre ce que tu as dit? À la limite, comment est-ce que tu vas utiliser différemment la prochaine fois les réseaux sociaux parce qu'il y a une partie d'éducation à faire. Par exemple, les jeunes vont… très impulsifs vont réagir sur le coup mais… ce que la prochaine fois, dès que t'as un commentaire, tu peux l'écrire mais t'attends une minute avant de le publier.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Hmmm.

ANDRÉANNE DESCHAMPS : C'est… peut-être que ce n'était pas la meilleure chose à dire ou que là c'est ma colère ou la frustration qui parle. Je trouvais ça bien drôle mais je ne suis pas sûr que mon ami va apprécier. Bien là, il n'est pas publié. Bon, ça mène un peu le jeune à avoir un regard critique sur ce qu'il dit et pas nécessairement réagir sur l'impulsion du moment.

BRUNO GUGLIELMINETTI : Excellent conseil, Andréanne. C'est l'équivalent de retourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Je vais m'en souvenir de ça. Bien écoutez, le temps file. Il y a encore des questions qu'on a reçues mais je vous le rappelle, si vous voulez avoir de l'information et ce type de réponses-là, en passant sur… aller sur la page Facebook de Pensez cybersécurité, vous allez aussi retrouver ce type de propos. Le vidéo qu'on a fait, cette rencontre-là va aussi être disponible alors les gens pourrons regarder et entendre. On vous remercie d'avoir été là. Écoutez, moi, au nom de la campagne et des organisateurs de Pensezcybersécurité… il était fort intéressant, vous m'avez appris des choses, vous m'avez rafraîchis la mémoire comment être un bon cyber parent et écoutez, je vous remercie et peut-être qu'on pourrait se retrouver en ligne pour une autre série de questions. Merci beaucoup. Merci de nous avoir regarder. Bonne fin de journée. Au revoir.

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