Votre enfant fait-il de la cyberintimidation?


Signes que votre enfant fait peut-être de la cyberintimidation

La première chose à ne pas oublier est que la cyberintimidation n'est pas l'apanage des « mauvais enfants » et qu'elle est devenue plus courante que ce que la plupart d'entre nous imaginent. Si votre enfant y prend part, cela ne signifie pas que vous êtes un mauvais parent. Il se peut qu'il soit pris dans un piège, alors que ses pairs autour de lui l'encouragent.   

Il peut également s'agir d'une personne qui commence la cyberintimidation et qui persiste parce qu'elle-même a un grand besoin d'attention et de soutien. D'une façon ou d'une autre, comprendre les signes est la première étape pour régler la situation.   

Voici certains des signes qui peuvent révéler que votre enfant participe à la cyberintimidation :

Certains enfants sont-ils plus susceptibles que d'autres de faire de la cyberintimidation?

La cyberintimidation peut compter des douzaines, voire des centaines de participants, y compris les nombreuses personnes qui échangent ou affichent des messages blessants. Cependant, il semble que ceux qui lancent des attaques de façon soutenue aient des caractéristiques en commun.

Voici d'autres caractéristiques qui définissent les intimidateurs :

Pourquoi des enfants et des adolescents deviennent-ils cyberintimidateurs?

Il peut être difficile de trouver un sens à un tel comportement blessant et hostile de la part d'un enfant. Il est encore plus difficile de penser qu'il peut s'agir de son propre enfant. Toutefois, le fait de comprendre certaines des raisons peut nous aider à intervenir de façon positive. 

Voici certaines raisons pour lesquelles des enfants ont des comportements de cyberintimidation à l'égard d'autres enfants :

Pourquoi les adolescents créent, envoient ou diffusent des photos ou des vidéos à caractère sexuel d'eux-mêmes ou d'autres personnes?

Envoyer des photos de soi nu ou explicites sur le plan sexuel, communément appelé le sextage, est de plus en plus courant chez les adolescents. Pour les parents, cela est tout aussi déroutant que troublant. Pourquoi font-ils cela?

La pression des pairs est un facteur très important. Les amis se mettent au défi les uns les autres ou des copains peuvent insister. Une fois qu'un adolescent envoie une photo sexuellement explicite, cela entraîne immédiatement le risque qu'elle soit partagée à grande échelle ou qu'elle soit utilisée contre lui ultérieurement.  

Pour de plus amples renseignements, consultez le Guide pour les familles : Faire face à l'autoexploitation juvénile du Centre canadien de protection de l'enfance.

Étapes à suivre si votre enfant fait de la cyberintimidation

Bien qu'il soit troublant d'apprendre que votre enfant est une victime, apprendre qu'il a des comportements de cyberintimidation à l'égard d'autres enfants l'est tout autant. Vous aurez vraisemblablement à composer avec des sentiments mitigés : la déception, la colère, l'embarras et la trahison, entre autres. Vous devrez évaluer la gravité de son comportement. Voici des mesures générales que vous pouvez prendre.  

Étape no 1 : Parlez avec votre enfant de cyberintimidation
  • Bien que vous puissiez être blessé et en colère, vous en apprendrez davantage en gardant votre calme et en vous concentrant sur les agissements de votre enfant.
  • Dites-lui que vous êtes au courant de la cyberintimidation. Demandez-lui de vous dire exactement ce qu'il a fait et dans quelle mesure. S'il n'admet pas ce qu'il a fait, montrez-lui des preuves de la cyberintimidation, si vous les avez.
  • Expliquez-lui que ce qu'il fait est inacceptable. Les adolescents croient parfois qu'ils ne font que « plaisanter ». Cependant, il est important de lui préciser que ce qui est amusant pour une personne peut être dévastateur pour une autre. Il doit arrêter.
  • Expliquez-lui ce qu'est l'empathie. Aidez-le à comprendre les conséquences de ses actes. Demandez-lui ce qu'il ressentirait si une personne lui faisait la même chose, ou le faisait à une personne qu'il aime, comme son frère, sa sœur ou son cousin.
  • Parlez-lui de cas connus qui ont entraîné des résultats tragiques. Demandez-lui ce qu'il ressentirait si son comportement menait à de tels résultats.
  • Tentez de comprendre les raisons de ses agissements. Est-ce qu'il tente de se faire accepter dans un groupe de pairs? Souhaite-t-il être plus populaire pour que les autres l'aiment? Est-il en colère en raison d'un événement survenu à la maison, par exemple un divorce ou un déménagement? Tente-t-il de se venger parce qu'il a aussi été victime d'intimidation? 
  • Parlez-lui de la gravité de ses agissements. Dites-lui qu'il peut s'agir d'actes criminels et demandez-lui ce qu'il ressentirait si ses actes étaient signalés à la police ou aux autorités de l'école.
Étape no 2 : Prenez des mesures à la maison pour faire cesser les comportements de cyberintimidation
  • Vous devrez vraisemblablement surveiller plus attentivement son utilisation de l'ordinateur et des appareils. Sortez l'ordinateur de sa chambre et installez-le dans une pièce commune, comme la cuisine, afin que vous puissiez surveiller ses activités. Vous pouvez aussi limiter le temps que votre enfant passe sur Internet.
  • Selon la gravité des attaques et la période pendant laquelle elles se sont déroulées, vous pouvez installer un logiciel de surveillance dans l'ordinateur que votre enfant utilise, ainsi que dans son appareil mobile.
  • Encouragez votre enfant à retirer, dans la mesure du possible, les messages, les vidéos, les photos et autres contenus blessants qu'il a affichés.
  • Il n'est pas réaliste de croire que votre enfant cessera complètement de fréquenter les réseaux sociaux; il doit plutôt apprendre à les utiliser de façon réfléchie et respectueuse et vous pouvez l'aider en continuant à parler avec lui et en établissant des règles simples. Par exemple, encouragez votre enfant à mettre en œuvre la règle d'une minute. Après qu'il a rédigé un contenu à afficher, demandez-lui de s'éloigner de son appareil ou de son ordinateur pendant une minute et, ensuite, d'y revenir pour relire le contenu en se demandant si ce qu'il a écrit est blessant.
  • Si les amis actuels de votre enfant ont pris part à l'intimidation avec votre enfant, vous pouvez encourager votre enfant à passer moins de temps avec certaines personnes, tant sur Internet qu'au téléphone ou en personne.
  • Si l'intimidation continue, vous pourriez devoir lui confisquer son appareil ou son ordinateur pendant une certaine période.
  • Renseignez-vous au sujet de l'éventail de réseaux sociaux offert de nos jours afin que vous puissiez demeurer à l'affût de ce que votre enfant pourrait faire. Consultez Les sites et applications qui sont peut-être utilisés par vos enfants.
  • Encouragez votre enfant à s'excuser auprès de la personne qu'il a blessée. Cependant, soyez prudent : les excuses doivent être sincères. Si ce n'est pas le cas, cela peut intensifier la colère ou la rancœur de votre enfant et être perçu comme une menace par la victime.  
Étape no 3 : Obtenez de l'aide de l'extérieur pour vous aider à régler le problème de la cyberintimidation
  • Si les autorités de l'école s'en mêlent, encouragez votre enfant à collaborer et donnez l'exemple en collaborant vous-même. Déployez tous les efforts nécessaires pour examiner la situation sous toutes ses facettes et collaborez en vue de trouver une solution qui aidera votre enfant et ceux à qui il a fait du mal.
  • Familiarisez-vous avec les questions juridiques pertinentes si l'intimidation est très grave. Consultez les conséquences juridiques potentielles de la cyberintimidation.
  • Si votre enfant semble déprimé, en colère ou en retrait et montre des signes de détresse émotionnelle, obtenez l'aide d'un professionnel pour le soutenir. Le comportement d'intimidation peut indiquer des problèmes émotifs sous-jacents.  

Ce qu'il ne faut pas faire si votre enfant fait de la cyberintimidation

L'enfant qui blesse une autre personne a aussi besoin d'aide et d'un appui parental. La prise de certaines mesures peut aggraver la situation, au lieu de l'améliorer. Il est préférable de ne pas agir ou de ne pas imposer des conséquences trop rapidement. Il serait également utile que vous teniez compte des approches formulées ci-dessous.

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